Avis de lecteurs sur "À la fin des temps"

(...) J’ai été vraiment embarquée par ce roman. Il y a beaucoup de positif à dire. 
Tout d’abord l’écriture, très soignée mais fluide, est un vrai plaisir et rend à elle seule la lecture agréable. Ensuite viennent les idées développées : ce livre fait réfléchir. Il nous donne une interprétation de l’univers, de notre position dans celui-ci, du futur possible de la Terre si on continue notre destruction inconsciente de toutes ses richesses. On a une autre vision sur la nature, qui devient presque un personnage du livre, tant elle est vivante. 
Et puis, il y a l’histoire, très originale. On se concentre sur deux peuples, les humains et les Assiris, des êtres venus sauver la planète Terre de la destruction. Seul problème à ce but assez louable en soi : il faut éliminer les humains qui ne font que la détruire. Mais qui prend réellement les décisions ? Ne sommes-nous que des pions dans une guerre entre des Puissances qui nous dépassent ? On suit le destin de plusieurs personnages, de chaque camp et de chaque… espèce.
Comme signalé plus haut, la science-fiction n’est pas vraiment mon genre de prédilection, et malgré les qualités énoncées ci-dessus, j’aurais quand même peiné à avancer si vite sans l’angle de narration choisi par l’auteure. Les chapitres ont pour titres des simples indications sur les « ères » dans lesquelles on se trouve. Ainsi, on passe d’une période de la vie des héros à une autre. Cela fait l’effet de flash-back qui rythment la narration (comme le dit si bien le sous-titre, on est dans des « chroniques »). On sait plus ou moins comment cela va se finir (quoique la fin a quand même été une totale surprise pour moi, mais j’y reviendrai) et pourtant, même dans les chapitres « du passé », on retient son souffle, espérant un miracle qu’on sait impossible. Et puis, même si on connaît certains résultats, on voudrait bien savoir comment les personnages en sont arrivés là.
En plus d’un rythme haletant, cette approche donne également de la profondeur aux personnages. J’ai changé d’opinion sur presque tout le monde au cours de ma lecture. Je voyais par exemple d’un très mauvais œil les « envahisseurs » au début, mais au fur et à mesure de la découverte de leur passé, je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à eux. Beaucoup de choses dans leur idéologie (à la base pacifique) m’ont séduites. C’est intéressant de voir comment un peuple est amené presque malgré lui à passer de l’état de victimes à celui de persécuteurs. De même, les humains ont ruiné la planète, mais peut-on exiger d’eux qu’ils ne tentent pas de survivre à tout prix ? Oh, rien à voir, mais qu’est-ce que j’ai eu froid pour eux !
Je pense que c’est le mot du roman : la vie, ou même la survie. Mais peut-on échapper à la destinée ? D’ailleurs, la fin laisse au lecteur le soin de décider si c’est une victoire ou une défaite. Pour ma part, j’ai pleuré. [...] Je ne me suis pas vraiment attachée à un personnage en particulier, tant leurs histoires individuelles étaient passionnantes. Mais ce sont les parcours de Ziaka et de Jehrane qui m’ont le plus impressionnée. D’ailleurs, je viens de relire le début et je me dis que j’ai raté plein d’indices ! [...] 
Un livre que je ne regrette pas d'avoir lu !
Source
Forum de la Littérature Fantastique
Message de Line
 
Dans l’ensemble, c’est un texte très déroutant que j’ai eu l’occasion de lire en partenariat avec le forum Mort-Sûre. De la fantasy haute en couleur avec une équipe de bras cassés assez impressionnante. Des morts qui les accompagnent à chaque tournant de leurs périples, des fois pour le bien, des fois pour le mal, jusqu’à ce moment crucial de l’intrigue où on se demande : « mais en fait, c’est quoi le bien ? C’est quoi le mal ? »
C’est de ces races d’histoires qui font réagir, qui font réfléchir. À la place des actions de personnages, au rôle que les autres leur laissent avoir. Il n’y a pas un seul personnage innocent, dans cette histoire. Pas un seul personnage ne porte sur ses mains moins de la moitié des morts de l’histoire (et il y en a, dans cette histoire, des morts). Que ce soit du coté de ceux qu’on suit, les « gentils » : Ziaka, Nayra ou Ryulun ou de leurs ennemis, les impitoyables Assiris.
Si j’ai largement déploré au cours de la lecture certaines facilités (hum… hum… une race élancée, fine, qui prône l’harmonie et qui chante cui-cui avec les oiseaux et qui parle par télépathie avec tout ce qui bouge, ça ne vous rappelle pas quelque chose ?), ainsi que certaines tournures malheureuses relevant de la maladresse (un peuple de chasseurs cueilleurs qui parlent comme nous, avec nos expressions qui deviennent complètement anachroniques ?), le fond de l’histoire emporte largement l’intérêt du lecteur.
Les personnages sont profonds, surtout les principaux. Je regrette par contre, moi imperturbable optimiste, que certains soient morts beaucoup trop tôt, et que leur fins aient été un peu trop expédiées à la va-vite…
La structure de l’histoire est perturbante, elle est découpée en partie, chacune ayant un narrateur particulier, mais aussi une ligne de temps particulière. Ainsi les deux premiers qui s’alternent le plus souvent ont quelques lunes d’écart entre eux. (On s’en rend compte très rapidement, étant donné qu’il y a les mêmes personnages qui sont présents dans les deux scènes, juste leurs situations n’ont rien à voir). Mais il n’en reste pas moins que c’est perturbant et qu’ainsi, on sait très rapidement la direction que prend l’histoire : il ne s’agit pas de savoir comment cela va finir, mais pourquoi cela finit comme ça, et peu à peu, quand la lecture continue, la seconde question qui surgit, c’est : « Est-ce que c’est bien que cela finisse ainsi » ?
Personnellement j’ai beaucoup eu de mal avec le personnage de Ziaka qui est horriblement certaine qu’elle est la créature la plus malheureuse et la plus horrible de tout l’univers. J’ai préféré la vision assez paranoïaque de Nayra, que j’ai trouvé beaucoup plus active, même si elle a, elle aussi, ses propres démons à affronter.
Donc comme je le disais, dans l’ensemble, j’ai eu du mal à accrocher réellement à l’histoire, mais une fois que le fond a su s’imposer, j’ai été happée. Je reproche beaucoup de choses, parce que je sens que cette histoire aurait pu être un coup de cœur. Dû à ces maladresses déjà évoqués, cela n’en sera pas un, et seulement un livre que j’ai bien aimé.
Source
Imaginaire Recif
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